Choquer pour avoir l'illusion d'être original.
Je fuis mes responsabilités autant que la réalité. Je sors, je ris, juste pour avoir l'impression d'avoir une vie. Je montre aux autres ce que je veux qu'ils voient, je fume, je bois, j'emmerde les adultes et leurs règles parce que je veux être rebelle, je n'pense pas à mon avenir et je contredis tout le monde pour faire comme si je m'affirmai, j'insulte et je cris pour prétendre m'exprimer. Comme si j'avais vraiment quelque chose à dire. La seule chose que je pourrais vraiment hurlé jusqu'à m'en sortir les trippe, c'est que je veux retourner à l'âge où j'étais encore pleine d'innocence, à l'âge où je rêvais d'avoir 16 ans.
Je n'sais pas ce que je vais bien pouvoir foutre de cette putain de vie, alors je la bousille, maintenant, et je prétends que j'm'en fou, que j'veux mourir jeune, que je suis bien plus forte que tout le monde. Et juste pour renforcer cette idée puérile, j'achète des paquets de clopes. Maintenant que j'ai 16 ans, j'le fais en toute légalité. Au moins, je peux m'empoisonner comme il me plait. Et ça me plait. J'aime fumer dans le dos de maman et je me félicite des mensonges que j'arrive à lui faire gober.
Je suis égoïste, j'ai 16 ans.
Je suis une fille. Une garce. De toute façon, on en est toute. Pestes brunes ou pétasses blondes, du pareil au même. Je suis tellement artificielle que j'en deviens presque naturellement superficielle. Notre méchanstée est gratuite, notre hypocrisie sans limite. J'expose ma vie sexuelle comme je me permets de juger tes goûts, je prétends être franche alors que je ne cherche qu'à te rabaisser. Et le pire dans tout ça, c'est que les autres me soutiennent. Il m'idolâtre même. Ils m'aiment, ces enfoirés. Ils aiment la sale petite conne que je suis devenue, ils aiment l'apparence de fille rebelle et culottée dans laquelle je me suis enfermée, ils aiment me voir sombrer un peu plus chaque nuit dans mon univers d'adolescente. Ils ne feront rien pour m'en sortir. Ils me laisseront crever, nez explosé, yeux défoncés, peau scarifiée, sang alcoolisé et poumons enfumés. J'en suis consciente. Et pourtant... je continu à faire semblant d'exister. Je ne leur en veux même pas. De toute façon, moi non plus, je ne les aiderais pas à remonter à la surface. Non. Je suis bien trop contente qu'ils coulent avec moi...
Je suis une de ces adolescentes de 16 ans.
{ Je blague. Pauvre gens : }

